Le schisme Villepin et l’arithmétique des peuples
Un lecteur m’écrit, début mai, deux phrases sèches : « Tu prédis quoi pour 2027 ? Le RN passe ou pas ?» Il pose la question avec l’innocence du joueur de tiercé, comme si la présidentielle restait un combat de coqs où le résultat dépendait du programme, du débat télévisé, de la stature des candidats. Je lui réponds par retour : la question n’est plus là. La fenêtre s’est refermée en 2022. Ce que nous appellerons 2027 ne sera plus un combat. Ce sera un constat de décès, peut-être stylé, peut-être bruyant, mais un constat de décès.
Je m’explique.
Acte I. La dernière sortie était en 2022
Avant 2022, il y avait encore une marge. Étroite, certes. Politiquement risquée, certes. Mais une marge. On pouvait, par les voies institutionnelles, par un sursaut électoral, par une majorité parlementaire qui aurait osé, infléchir la trajectoire migratoire et démographique du pays. Pas par baguette magique. Pas du jour au lendemain. Mais on disposait encore de la matière première de tout choix politique : un corps électoral dont la composition rendait l’inflexion concevable.
Cette marge n’existe plus.
Et la cause n’est pas idéologique. Elle est arithmétique. À chaque scrutin présidentiel, par mécanisme purement biologique, une cohorte de Français mineurs au scrutin précédent atteint la majorité électorale. Ce sont cinq classes d’âge entières que le corps électoral absorbe entre deux présidentielles. Cinq classes d’âge dont la composition reflète, par construction, les vagues migratoires antérieures. Tu ne renvoies pas un majeur électoral à dix-sept ans. Tu n’inverses pas une cohorte. Tu ajoutes, tu ne retires jamais.
C’est ce que Fernand Braudel appelait, dans ses Écrits sur l’histoire (Flammarion, 1969), le règne des structures lentes. Ces dynamiques de longue durée qui rendent dérisoires les emportements politiques de surface. La politique parle au mois et à l’année. La démographie parle à la génération. À la fin, c’est toujours la démographie qui dicte.
Ibn Khaldoun avait formulé cette loi cinq siècles plus tôt, dans la Muqaddima (achevée en 1377, Livre I, sur la ‘asabiyya et le cycle des dynasties). Une civilisation ne meurt pas d’avoir été agressée. Elle meurt d’avoir cessé de se reproduire avec assez de vigueur, et d’avoir cédé son sol à des cohésions plus fraîches, plus jeunes, plus solidaires que la sienne. Le déclin n’a pas de hâte. Il a l’élégance lourde des cycles. 2022, c’était le moment où le diagnostic et l’urne pouvaient encore se rencontrer. Aujourd’hui, ils divorcent. Le diagnostic reste possible, vous le faites, je le fais, des intellectuels sérieux le posent. Mais l’urne, elle, se remplit chaque année d’électeurs dont la grille de lecture intime n’a plus rien à voir avec ce diagnostic.
Acte II. Le vote n’est pas fiduciaire, il est viscéral
J’attaque ici une fiction qui dure depuis trente ans dans la science politique mainstream et dans les colonnes du Monde : la fiction de l’électeur rationnel, du homo electoralis qui pondère son choix selon les programmes, le déficit primaire, le solde de la balance commerciale et le pouvoir d’achat marginal. Cette fiction est utile pour les politologues qui veulent garder un emploi. Elle ne décrit pas le réel.
Posez-vous la question, simplement. Combien de gens, dans votre entourage, ont voté en 2022 sur la base d’une lecture comparée des projets de réforme des retraites ? Combien ont décortiqué les chiffres de la dette publique ? Combien ont arbitré entre une trajectoire à 3,7 % de déficit et une trajectoire à 2,9 % ?
Personne, ou presque.
J’ai un entourage que beaucoup envieraient pour son éclectisme. Cadres, ouvriers, paysans, racailles, intellectuels, religieux, athées, blancs, maghrébins, asiatiques, subsahariens, juifs, musulmans, bouddhistes, gens de gauche, gens de droite, indécis, lecteurs de Hegel et lecteurs de personne. Je n’ai jamais, dans aucune conversation politique, entendu un être humain dire : « Je vote pour celui-là parce que sa courbe de dette publique converge mieux à dix ans. » Pas une fois. La phrase n’existe pas dans la nature.
Ce qu’on entend, c’est ceci. « Lui je l’aime pas, il soutient Israël. » « Elle, elle est contre le voile, donc je vote pour elle. » « Lui c’est un facho, déjà sa gueule. » « Lui au moins il défend les nôtres. » La grammaire électorale réelle est viscérale, identitaire, tribale au sens khaldounien strict. Et elle l’est davantage encore dans les fractions diasporiques de la population, où l’appartenance prime sur l’arbitrage.
Voici le point que la doxa libérale ne veut pas regarder en face. Sur le sociétal pur, le pater familias maghrébin partage avec Le Pen, avec Bardella, parfois même avec Zemmour, davantage de points de convergence qu’avec Mélenchon. Hostilité au mariage homosexuel, attachement à la famille traditionnelle, pudeur sexuelle, autorité paternelle, méfiance envers la pédagogie queer, valorisation du religieux dans l’espace privé. Sur ces sujets, le pater familias n’est pas insoumis. Il est de droite traditionnelle, parfois très loin à droite.
Et pourtant il vote Mélenchon.
Parce qu’il sait, lui, ce que les politologues s’évertuent à ignorer. Mélenchon est l’idiot utile de son intérêt de lignage. Mélenchon va faciliter le regroupement familial, ralentir les expulsions, désamorcer toute politique d’assimilation un peu ferme, créer les conditions de la prospérité diasporique sur la longue durée. Sur tout le sociétal qui le contrarie, le pater familias concède, parce qu’il sait gagner sur l’essentiel : la perpétuation de sa lignée et la consolidation de son sol diasporique. C’est de la ‘asabiyya au scrutin présidentiel.
La grille d’Emmanuel Todd, qu’il a déployée dans La Troisième Planète (Seuil, 1983) puis dans L’invention de l’Europe (Seuil, 1990), devient impérieuse. Les structures familiales, souche, communautaire ou nucléaire, prédéterminent en partie les comportements politiques. La famille communautaire patrilinéaire, dominante au Maghreb, produit un rapport au politique vertical, intéressé, lignager, où le vote est moins l’expression d’une opinion individuelle que l’arbitrage d’une stratégie collective.
À l’inverse, observez les sociologies asiatiques. Coréens, Japonais, Vietnamiens installés depuis deux ou trois générations. Ces fractions ne sont pas dans une logique de regroupement familial massif. Elles ont peu d’enfants. Elles ne parient pas leur destin sur la prospérité diasporique européenne. Elles arbitrent, elles, sur leurs intérêts économiques de classe et sur la stabilité du contrat social. Et elles votent davantage à droite, parce que la variable diasporique ne pèse pas dans leur calcul.
Ce n’est pas une question de nature humaine. C’est une question de structure. J’ai déjà labouré ce terrain dans mon texte sur Tajmaât (le réseau n’explique rien ; ce qui explique, c’est ce que le groupe met dans le réseau). Le vote n’explique rien non plus. Ce qui explique, c’est l’éthos collectif, la structure familiale, l’intérêt de lignage, la matrice civilisationnelle qui détermine, pour le votant, ce qu’est une victoire.
Acte III. Le démographique n’a pas de marche arrière
J’insiste sur un point que personne, ou presque, ne formule clairement. Toutes les questions politiques ne se valent pas dans leur réversibilité.
Une mesure sociétale est réversible. La peine de mort a été abolie en 1981. Elle pourrait être rétablie demain par un Parlement qui en déciderait ainsi. Le mariage entre personnes de même sexe a été instauré en 2013. Il pourrait être abrogé. Les politiques familiales, les régimes de retraite, les lois mémorielles, tout cela vit dans un temps réversible. Le scrutin suivant peut défaire ce que le scrutin précédent a fait.
Une mesure économique est réversible elle aussi, parfois douloureusement. Une dévaluation, une politique fiscale, une privatisation, une nationalisation, un choix de subvention. Le coût de la rectification peut être lourd, mais la rectification reste possible. Deux mandats suffisent, en règle générale, pour redresser un cap économique, même mal pris.
Un changement de peuple, lui, n’est pas réversible. Il n’a pas de marche arrière. Aucune.
Aristote, dans Les Politiques (Livre III, chapitres 1 à 5), pose une définition que la modernité a perdue. La cité n’est pas une simple collection d’individus liés par un contrat. C’est une forme (eidos) qui suppose une matière (les habitants) compatible avec elle. Quand la matière change, la forme change, qu’on le veuille ou non. Tu peux décréter que la République est une et indivisible. Tu ne décrètes pas la composition génétique, culturelle, civilisationnelle d’un corps social.
Ernest Renan, en 1882, dans Qu’est-ce qu’une nation ?, parlait du « plébiscite de tous les jours ». La formule est belle. Elle est aussi insuffisante, et je l’ai déjà critiquée dans mon texte de réponse à Driss Ghali. Une nation n’est pas seulement une volonté quotidienne. C’est un héritage continu. Et un héritage, par définition, suppose une chaîne de transmission qui n’a pas été interrompue par une substitution massive de transmetteurs.
Quand cette chaîne est rompue, ce qui peut être reconstruit, c’est éventuellement une nouvelle nation, sur le même territoire, avec un autre nom intérieur. Pas l’ancienne. L’ancienne est morte. Aucun peuple, dans toute l’histoire enregistrée, n’a fait l’expérience d’avoir été démographiquement substitué à plus de trente pour cent et d’avoir, ensuite, restauré sa configuration antérieure. Aucun. La Reconquista espagnole a fonctionné parce qu’elle s’est faite par expulsion politique massive, dans un cadre médiéval qui n’a plus aucune équivalence dans le droit international postérieur à 1945. Aujourd’hui, la remigration de masse n’est ni juridiquement praticable, ni politiquement majoritaire dans aucun pays européen, ni même envisagée sérieusement par les forces qui prétendent la défendre.
Donc on n’y reviendra pas. C’est triste. C’est lourd. C’est ainsi. Et c’est précisément pour cette raison que la fenêtre 2022 importait. Parce qu’elle était la dernière où l’on pouvait encore arbitrer politiquement avant que l’arithmétique générationnelle ne devienne souveraine.
Acte IV. Villepin, ou la fissure paradoxale
Vient maintenant l’élément qui change le calcul tactique de 2027 sans rien changer au calcul de fond. Dominique de Villepin.
Je ne vais pas rejouer ici la critique que j’ai déployée ailleurs. Pour ceux qui veulent le développement complet, mon texte De Villepin, ou le syndrome Jagger en politique (publié en février 2025 sur ce site) reste accessible à cette adresse. Je n’ai pas changé d’avis. Sur le fond, Villepin reste un Macron avec de meilleures références littéraires, un républicain déclaratoire qui n’a jamais compris l’organicité d’un peuple, un dandy diplomatique dont la seule grande heure aura été son « non » à la guerre d’Irak en 2003. Sur la France intérieure, il reste muet ou conventionnel.
Et pourtant.
Sa candidature probable en 2027, ou la dynamique politique qu’il pourrait incarner par ralliement, va produire un effet tactique que ses partisans n’ont pas anticipé et que ses adversaires n’ont pas mesuré. Cet effet, je l’appelle la fissure paradoxale. Villepin, en se présentant ou en pesant fortement, va siphonner une part substantielle de l’électorat mélenchoniste. Pas n’importe laquelle. La part la plus précieuse pour Mélenchon, et la plus susceptible de basculer.
Pourquoi ? Parce que Villepin propose une sorte de Mélenchon nettoyé. Du Mélenchon sans l’apologie LGBT systémique. Du Mélenchon sans la pédagogie queer. Du Mélenchon sans la novlangue intersectionnelle qui a colonisé l’insoumission depuis dix ans. Sur la question palestinienne, sur la critique de l’atlantisme, sur le rejet du libéralisme financier, sur la souveraineté formelle, Villepin tient un discours assez proche, parfois plus élégant. Mais sur le sociétal, il est resté aristocratiquement distant des dérives militantes contemporaines. Il est, sociologiquement, l’option pour qui veut voter à gauche sans se sentir trahi par le marécage culturel.
Deux sociologies vont se précipiter dans cette ouverture.
La première, c’est Samir. Quarante-cinq ans, deux enfants, propalestinien convaincu, électeur Mélenchon en 2017 et en 2022. Mais Samir se crispe quand on lui explique à l’école que son fils peut « choisir » son genre. Samir ne supporte plus les drapeaux arc-en-ciel sur les façades publiques. Samir veut un discours ferme sur Gaza sans le package culturel qui va avec. En 2027, Samir regarde Villepin et se dit que voilà, enfin, du Mélenchon sans la pédagogie qui le dérange. Il bascule.
La seconde sociologie, c’est ce que j’appellerai, faute d’un meilleur nom, la sociologie Charles Consigny. Le droitard urbain bourgeois bohème, parfois homosexuel, qui ne veut surtout pas être assimilé au RN parce que cela ferait tache dans sa rédaction, dans son cabinet, dans son agence de communication. Cet électeur veut voter à droite avec élégance. Avec une posture républicaine. Avec un dossier de presse Le Monde ou Le Point. Sans subir le frisson identitaire. Villepin lui offre ça parfaitement. Le panache sans le populisme. Le verbe sans la masse.
Ces deux sociologies, additionnées, forment une masse électorale qui ne se serait jamais reportée naturellement vers le camp national. Mais qui, en quittant Mélenchon ou la macronie centriste pour Villepin, va indirectement ouvrir un boulevard arithmétique au camp national au premier tour.
Ironie suprême. Villepin va devenir l’idiot utile de l’adversaire qu’il prétend combattre. Je l’ai déjà écrit dans mon texte de février : Villepin pense incarner un rempart républicain contre le RN. Il est en réalité, sans le savoir, en train de servir l’arithmétique d’un schisme qui va nuire au front anti-RN qu’il croit consolider. Il est aveugle à la mécanique qu’il enclenche, comme il l’a toujours été aveugle à la mécanique mitterrandienne dont il perpétue le réflexe. Bénédiction tiède, donc. Bénédiction réelle, mais tiède.
Acte V. Pacte, clashs, et boulevard non emprunté
Restent les prédictions de campagne. Je les livre comme telles, avec leur degré d’incertitude assumée. Mais je crois fermement à ce qui suit.
Premier mouvement, fin 2026, début 2027, lorsque les figures se positionnent. Lune de miel apparente entre Villepin et Mélenchon. Le vieux gaullisme aristocratique et l’insoumission populaire trouveront, sur la question palestinienne, sur l’antiatlantisme, sur la critique de l’oligarchie, des terrains d’entente médiatique. Pacte de non-agression implicite. Tonton Mélenchon laissera dire que Villepin a du panache. Villepin laissera dire que Mélenchon a du fond. Ce sera aimable. Cela tiendra trois ou quatre mois.
Deuxième mouvement, à mesure que les sondages confirmeront que Villepin grignote l’électorat insoumis. La fissure. Mélenchon ne peut pas accepter, ne pourra jamais accepter, qu’un candidat siphonne son fond de commerce sans payer le prix médiatique. Les attaques arriveront. D’abord sur la classe sociale (le grand bourgeois contre le tribun du peuple), puis sur le passé politique (chiraquien, donc pas vraiment de gauche), puis sur les contradictions de fond. Villepin répliquera avec ce qu’il sait faire : la tirade lyrique, la condescendance souriante, la phrase qui claque. Mélenchon répliquera avec ce qu’il sait faire : la harangue, l’invective, le sarcasme appuyé. Six derniers mois en mode clash permanent.
Troisième mouvement, le ralliement. Et ici, je donne une intuition que je marque comme intuition, pas comme analyse. Antoine Léaument, le lieutenant numérique de Mélenchon, finira par basculer chez Villepin. J’ai lu ces derniers mois sur X quelques tournures, quelques accolades posturales, quelques lapsus de positionnement qui pointent dans cette direction. Je peux me tromper. Mais l’intuition est nette. Léaument a la fibre républicaine que Mélenchon n’a plus. Il a l’âge, l’élégance générationnelle, la souplesse stratégique pour faire le pas. Villepin lui offrira un rôle. Il acceptera. Notez la prédiction, on verra dans dix-huit mois.
Quatrième mouvement, la conséquence stratégique. L’adversaire principal du camp national en 2027 ne sera plus Mélenchon, qui aura été affaibli par la fuite de ses cadres et de son électorat propalestinien rangé. Ce sera le bloc extrême centriste reconfiguré autour de Villepin, gonflé du vote bobo droitard et d’une fraction du vote diasporique de classe moyenne. C’est ce bloc, et lui seul, qu’il faudra battre.
Et c’est là que la note finale s’écrit.
Le boulevard arithmétique ouvert par le schisme ne sera, selon toute vraisemblance, pas emprunté. Pas parce que la base du camp national est molle. Elle est lucide, elle a compris depuis longtemps. Mais parce que les figures qui prétendent l’incarner sont peureuses, mal armées intellectuellement, encombrées de moraline médiatique, hantées par le souci de la respectabilité, infoutues d’oser une parole qui marquerait le réel. La base sait. Les chefs tremblent.
Et même si le boulevard était emprunté, ce qu’il offrirait, ce serait un sursis. Pas une victoire. Parce que la marée démographique de fond, je l’ai dit en ouvrant et je le redis en fermant, ne se renverse pas par effet de campagne.
Pendant que ces choses se joueront sur les plateaux et dans les urnes, la cohorte des dix-huit ans nés en 2009 atteindra la majorité électorale. La génération que j’appellerai pour faire vite la génération Naëlle, par référence au prénom que l’opinion publique européenne a appris à associer à un fait divers et à une émeute en 2023. Cette génération vote peu encore. Elle est éclectique, comme toutes les générations, et il serait grossier d’en faire un bloc. Mais une fraction substantielle de cette génération a été éduquée par des pédagogues militants, abreuvée par les écrits de Houria Bouteldja (lire Les Blancs, les Juifs et nous, La Fabrique, 2016, pour bien comprendre la matrice), formée par TikTok à voir dans la France un « butin de guerre » (la formule est de Kateb Yacine, retournée par Bouteldja en arme idéologique), persuadée que sa mère est fasciste de respirer, et encouragée à voter selon sa lignée.
Cette génération commence à voter en 2027. Elle votera davantage en 2032. Elle votera massivement en 2037.
À cet horizon, l’arithmétique aura tranché. Aucun Villepin, aucun Mélenchon, aucun Bardella, aucun héritier vraisemblable de l’un d’entre eux ne pourra rien contre la composition du corps électoral qui sera devenu ce qu’il sera devenu.
2027 sera, tactiquement, l’année du schisme Villepin. Stratégiquement, l’année de l’idiot utile retournant son propre combat. Historiquement, l’année où la dernière sortie aura déjà été manquée depuis cinq ans.
Et en 2032, on rejouera la même pièce avec des acteurs un peu différents, dans une salle où les sièges auront changé d’occupants. Le décor restera français. Le public, lui, sera devenu autre chose.
Ézékiel Jaad,
8 mai 2026
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