Mélenchon, Capitalisme et Immigration

Pas un jour que Dieu fait, sans que le sacro-saint argument de la régularisation des sans-papiers pour affronter le capital ne soit brandi comme une bannière incontestable, une vérité martelée à grands coups de slogans et de postures morales. Pas un jour, sans que le mouvement de Mélenchon ne soit vanté comme l’ultime rempart, la forteresse imprenable face au « méchant capital », ce monstre à abattre. Mais, en creusant tranquillement et simplement, ce qui apparaît avec une évidence presque insultante, c’est l’ampleur du simplisme et des foutaises qui soutiennent ce mythe.
En août 2023, j’ai pris la plume pour publier un ouvrage sur sur cette doctrine…

Pas tant pour parler de Mélenchon lui-même, mais pour disséquer l’idéologie qu’il incarne et qui, en réalité, dépasse sa seule personne. Ce qui m’intéresse, c’est le fond, les mécanismes, les rouages profonds d’un discours qui se veut révolutionnaire mais qui, trop souvent, s’effondre sous le poids de ses contradictions.
Mais là, il y a un volet précis dont je désire vous parler, un passage précis que je décide d’extraire de mon œuvre originale. À mon avis, vous l’avez deviné : le volet économique.
Abrégeons cette introduction et allons directement au vif du sujet. Voici l’extrait de mon ouvrage : Déconstruire Mélenchon, Mélodie du décalage, chapitre Oeconomia.
ACTE IV : OECONOMIA
Sur le volet économique…. Mélenchon doit assimiler une bonne fois pour toutes, que même si de surface il attaque une certaine forme oligarchique, qui tient comme ossature commune l’application d’un capitalisme de connivence, et à juste titre, le truc c’est que de par sa vision sur l’immigration, il en est indirectement l’idiot utile…
La fameuse armée industrielle de réserve. N’entendez pas, que quelque forme que ce soit du capitalisme approuve l’immigration à tout va juste pour l’approuver, d’un jugement simpliste et pseudo moral¹. La machine capitalistique en ce domaine est technique, mécanique, froide. Elle n’a cure des origines, car elle n’est pas intrinsèquement pour ou contre. Elle s’en branle, voyez-vous. Toutefois, dans l’actuelle et prosaïque réalité, l’immigration s’avère être un des leviers visant à atteindre l’objectif capitalistique. L’objectif palpable en est le référent, et l’immigration est l’un de ses signifiés. Dans cette tonalité capitalistique portée à son paroxysme, l’unique dessein est de maximiser le profit, de presser chaque goutte de sueur des travailleurs pour en extraire le maximum de production à moindre coût.
Inlassablement, elle scrute les ressources, cherchant à les optimiser, à peaufiner l’efficacité.
D’où l’analyse de Marx lorsqu’il écrit :
« Le progrès industriel, qui suit la marche de l’accumulation, non seulement réduit de plus en plus le nombre des ouvriers nécessaires pour mettre en œuvre une masse croissante de moyens de production, il augmente en même temps la quantité de travail que l’ouvrier individuel doit fournir. À mesure qu’il développe les pouvoirs productifs du travail et fait donc tirer plus de produits de moins de travail, le système capitaliste développe aussi les moyens de tirer plus de travail du salarié, soit en prolongeant sa journée, soit en rendant son labeur plus intense, ou encore d’augmenter en apparence le nombre des travailleurs employés en remplaçant une force supérieure et plus chère par plusieurs forces inférieures et à bon marché, l’homme par la femme, l’adulte par l’adolescent et l’enfant, un Yankee par trois Chinois. Voilà autant de méthodes pour diminuer la demande de travail et en rendre l’offre surabondante, en un mot, pour fabriquer des surnuméraires. L’excès de travail imposé à la fraction de la classe salariée qui se trouve en service actif grossit les rangs de la réserve, et, en augmentant la pression que la concurrence de la dernière exerce sur la première, force celle-ci à subir plus docilement les ordres du capital². »
Assurément, en saisissant les dires de ce cher Marx, et plus particulièrement la portion où il évoque « un Yankee pour trois Chinois », il ne pointe pas l’immigré en tant que valeur anhistorique, unique arme du capitalisme, mais bien comme l’un des instruments pragmatiques menant au dessein convoité. Ce n’est point l’essence même de l’immigré que recherche la tonalité capitalistique, mais sa condition contextuelle, à la lumière de ce qui est exploitable ou non.
L’épistémè et sa valeur contextuelle nous le soufflent à l’oreille. Car la finalité n’est pas un excédent de travailleurs exploitables, mais bien l’objectif du profit, de la production, tout en rendant le moins de comptes financiers possible à une force de travail, qu’importe sa porosité et son degré d’exploitation. D’où l’enthousiasme dévorant pour la mécanisation et la robotisation qui permettent d’atteindre cette sacrosainte finalité. Il convient de saisir que la vision socialiste, historique et théorique, répartit la tâche en fonction de la force de travail, tandis que le capitalisme distribue la force de travail selon la tâche à accomplir.
Hélas, souvent ceux qui récitent ce passage de Marx, des deux bords, m’horripilent, car d’un côté, il y a ceux issus, disons, de la droite classique, qui imputent à Marx et au système capitaliste des choses étrangères, telles que des préférences cosmétiques et non techniques d’un point de vue structurel. De l’autre côté, il y a ceux issus de la gauche classique, qui ne comprennent pas que, bien que Marx n’ait pas désigné directement les immigrés, cela reste insinué en fonction de la valeur contextuelle et de l’épistémè, pareil pour le capitalisme. Le fond demeure les moyens employés pour cette finalité mercantile, mais l’un des leviers de surface est l’immigration. Néanmoins, certains gauchistes n’arrivent pas à saisir qu’en dépit de la robotisation, ce levier, ce mécanisme de surface demeure encore nécessaire et intéressant pour une certaine forme de patronat. Ainsi, affirmer d’un côté que Marx et le capitalisme sont pour ou contre l’immigration n’a aucun sens. Mais de l’autre, il est tout aussi absurde, sinon plus, de ne pas comprendre que l’un de ses leviers les plus puissants, toujours d’actualité, demeure l’immigration. Et Marx n’en parlait pas d’un point de vue moral – d’ailleurs, j’irais jusqu’à dire que je m’en branle – mais d’un point de vue structurel et technique, ce qui renforce davantage cette idée. Pour en revenir à la séquence Mélenchon, quelques minutes plus tard dans l’émission, il professe son désir de régulariser tous les sans-papiers, sans la moindre exception.
Là où il s’égare, c’est qu’il pense, sous l’illusion d’apaiser une certaine morale et une stratégie offensive, que par ce biais-là, les immigrés seront protégés tels des enfants de chœur, enfin juridiquement couverts et pourvus de leurs droits. Mais il ne voit pas plus loin, car cela ouvre plusieurs chapitres. Le premier chapitre, c’est qu’aussitôt naturalisés, un certain patronat pourra encore jouer sur la pression salariale. Certains venus des terres du sud, le rapport au pouvoir d’achat primitif et originel tout chamboulé et désorienté dans un décorum plus confortable, accepteront d’emblée et instinctivement de travailler pour moins que d’autres, même légalement, même déclarés. À l’inverse de ceux plus ancrés, avertis, qu’ils soient autochtones ou immigrés de longue date, qui, avec une logique de revendication raffermie certes par un arsenal juridique, mais aussi une assurance de légitimité à l’ancienneté sur laquelle ils jettent un regard conscient et lucide, se montreront plus réfractaires. Contrairement à l’immigré fraîchement arrivé, bien que naturalisé, et donc, la fourchette salariale ne s’ajustera point aux revendications, mais tiendra compte du travailleur adapté de fait à cette même fourchette.
Le deuxième chapitre, c’est que cela n’empêchera pas le travail au noir, et surtout, le troisième chapitre, le plus crucial, c’est que cela attirera encore plus d’âmes en peine à venir tenter leur chance. Ils ne seront plus là dans une optique un peu confuse où certes il y a autant de facilité d’accéder à la France et d’y rester très longtemps actuellement, malgré les anomalies juridiques sans pour autant que ne cesse la crainte de ne pas être en ordre, mais dans une optique beaucoup plus rassurée, beaucoup plus motivante, par le biais de l’industrialisation de la naturalisation d’office et automatique. Et d’ailleurs, même entre-temps, dans l’intervalle où leur demande de naturalisation sera examinée et accordée, ils pourront également être exploités d’une manière illégale, bien que la légalité dans ce contexte, sera toujours un atout pour une certaine forme du patronat. Ainsi, là où Mélenchon pense venir à bout de la situation à coup de légalisme, il ne fait qu’attiser davantage ce qu’il essaie de combattre, en lui offrant encore plus de pions sur son échiquier.
De surcroît, si l’on s’attarde uniquement sur l’aspect contre-offensif au patronat , ce qu’il n’embrasse point, c’est qu’en s’appuyant sur cette seule stratégie pour braver le patronat, comme je l’ai écrit il y a quelques lignes, il fait fi des classiques : le capitalisme n’a que faire d’une multitude d’immigrés pour disposer d’une armée de travailleurs endogènes. Il cherche plutôt à réduire le nombre d’ouvriers tout en maintenant, voire en augmentant la production. L’immigré n’est qu’un moyen, un outil parmi tant d’autres. Or si la robotisation se présente comme alternative, une certaine forme de patronat, mue par une logique marchande, s’en saisira. Aussi bien dans les secteurs manuels qu’intellectuels, avec l’intelligence artificielle. Ainsi, le patronat français, dans certains secteurs, s’efforce de plus en plus de mécaniser, d’automatiser leur production. Dès lors, régulariser des sans-papiers, qui progressivement se verront moins employés – bien qu’il en reste encore et à mon avis pour longtemps – n’a guère de sens. La politique doit aussi être un art de la prévoyance, qui anticipe les bouleversements à venir, et non une vision courte orientée vers le moyen terme.
Mélenchon s’égare donc dans les deux cas. D’une part, où la robotisation n’est pas encore pleinement réalisée, les problèmes que j’ai évoqués surgiront, sans même mentionner le problème central des confrontations culturelles, car point tout n’est matière économique en cette vie. D’autre part, dans un futur proche, sa stratégie de contrer le capital en régularisant n’aura plus de raison d’être, car le patronat ne fera plus appel à ces travailleurs. Mais je tiens à préciser, pour éclairer l’esprit de mes lecteurs, que cela ne signifie pas que Mélenchon, dans les profondeurs de son être et dans les tréfonds de sa conscience, prône l’installation libre, anarchique et sans borne de tout un chacun, ni qu’il prône l’accueil sans discernement de tous les immigrants de la terre. Non, il parle de régularisation totale, même si à mon sens c’est une grave erreur, dans le contexte où ils sont déjà là et qu’il faudrait composer avec. Il le souligne explicitement dans son ouvrage ‘Le choix de l’Insoumission’:
« Je suis fatigué de ces discussions où les fantasmes s’affrontent les uns aux autres. Entre ceux qui hurlent sans réfléchir et s’en remettent à des expédients sécuritaires sans consistance et ceux pour qui il est normal que tout le monde puisse s’établir où il veut, quand il veut. Passeport, visa et frontières n’existeraient pas. Et l’ignoble trafic d’êtres humains auquel les actuelles migrations donnent lieu serait secondaire ? Ce n’est pas vrai, personne ne peut aller et venir comme il l’entend et s’installer où il veut, je n’y crois pas une seconde. »
En admettant qu’il s’obstine à cette même voie, car avec tonton Mélenchon, les revirements incessants sont coutumiers, il lui faudra saisir qu’il sert implicitement la cause du capitalisme de connivence, malgré sa conviction sincère quant au lien à la terre. Je ne conteste nullement la vertu de Mélenchon à ce sujet, d’autant plus que cela requiert du courage pour l’évoquer dans son contexte, entouré d’une pléthore de factions ultra-internationalistes et farouchement hostile à la nation. En revanche, je m’interroge plutôt sur les instruments fondamentaux, moraux et stratégiques qu’il adopte pour servir cette même vertu.
De surcroît, j’ai remarqué une chose : en tant qu’observateur de la politique depuis de nombreuses années, chaque fois que l’on a interrogé Mélenchon sur l’armée de réserve, il a invariablement et je pèse mes mots, esquivé la question, en abordant le sujet partiellement ou en s’éloignant totalement de la question. J’affirme solennellement n’avoir jamais vu Mélenchon répondre de façon claire à cette question, malgré son caractère central, lors des rares occasions où il a été interviewé sur ce sujet. Et dans ses écrits, c’est encore pire, car il n’en fait jamais mention. Je ne vais pas me livrer à une psychologie de comptoir, mais l’on pourrait dire qu’il s’agit d’une forme de refoulement, car il sait que c’est une vérité qui peut interférer et entraver d’autres principes et idées qui lui sont chers, tout en souhaitant une admiration sincère pour Marx. Je n’affirme pas que Mélenchon doit demeurer un inconditionnel et dogmatique de ses propres références classiques, qui constituent sa base de réflexion. D’ailleurs, il énonce une belle formule, qui ressemble à mon propre arsenal de pensée philosophique, et que je nomme, à titre personnel, le « conservatisme non figé », lorsqu’il écrit dans son ouvrage paru en 2014, « L’Ère du peuple », réédité depuis :
« Je me suis transformé par le travail que j’ai accompli à mesure que j’ai lu et voyagé, agi et appris dans toutes les tâches qui m’ont été confiées au fil de ces dernières années de ma vie tumultueuse de citoyen très engagé. Mon évolution tient pour beaucoup à ma rencontre avec l’écologie politique (à ne pas confondre avec la firme qui truste le label) et aux brassages qu’elle a opérés dans ma compréhension de notre temps. Mais tout aussi certainement c’est l’œuvre du contact approfondi avec les récentes révolutions démocratiques de l’Amérique du Sud, du printemps « arabe » et des « marées citoyennes » d’Espagne. L’effondrement du projet européen dans l’euro fort, les politiques « d’austérité et le projet de grand marché commun avec les États-Unis d’Amérique m’ont mis au pied du mur : repenser le monde. Je me suis profondément réorienté sans abandonner un seul jour ni la lutte, ni ses fondements intellectuels en moi, ni le matérialisme historique dont je me suis toujours inspiré, ni le républicanisme qui m’anime, ni l’universalisme qui est ma religion humaine, ni le refus de l’aberrant capitalisme contemporain. Bref, tout me paraît différent, mais sans que j’aie perdu en route rien de ce que je crois essentiel depuis mes vingt ans, lorsque j’étais président du syndicat étudiant à Besançon, jusqu’aux épopées comme celle de 2012 où je fus le candidat commun de l’autre gauche à l’élection présidentielle française. »
Je comprends la portée de son propos, mais je souligne simplement que cette action accomplie n’implique en aucune façon l’incompatibilité avec la nécessité de faire face à la problématique de l’armée de réserve, sans la détourner du regard.
En vérité, pour tout vous avouer, cette scène me ramène à la joute verbale entre Alain Soral et Oskar Freysinger. À un moment du débat, voilà Soral qui tente, d’une manière détournée, de ne percevoir la responsabilité qu’à travers sa traduction verticale, ignorant sa traduction horizontale. Voyez-vous, Soral, comme tant d’autres se fourvoient dans cette confusion. Il pointe, à juste titre, concernant les problèmes migratoires, la responsabilité verticale, c’est-à-dire les élites, le patronat, la finance. Dans cette joute, il tente de disculper, par sa dialectique et sa rhétorique, le migrant, affirmant que le problème ne vient point du migrant, mais de sa verticalité, de celui qui l’a amené là.
Et voilà où, à mon sens, le brouillard se fait épais, bien que Soral fût moins naïf dans certains de ses écrits sur la question. Sous prétexte qu’il y a, encore une fois à juste titre, une responsabilité verticale, il faudrait retirer toute forme de responsabilité à sa résultante horizontale ? Comprenez bien que ce n’est pas parce qu’un migrant est venu à cause de raisons sous-jacentes élitistes qu’il peut s’en prendre à la première sexagénaire venue. Un homme doit se maîtriser, comme disait l’autre. Le migrant, malgré toute sa pluralité causale, doit lui aussi avoir un certain comportement, se contenir.
Or le danger avec ce genre de discours, c’est de ne viser que la verticalité et d’extraire toute forme de libre arbitre, un peu comme une vision ultra naïve de certains déterministes de gauche qui consiste à dire que rien n’est de l’ordre de nos propres responsabilités, rien n’est de l’ordre de notre propre libre arbitre. Indirectement, en ne visant que ce spectre-là, c’est comme si on occultait la responsabilité de ces hommes.
Certes, si l’on prend le cas d’un migrant venu à cause de la crise libyenne, je suis le premier à signer et à dire, contrairement à Mélenchon, que c’est une erreur et que malheureusement c’est une causalité qui a fait en sorte que beaucoup de migrants sont venus par la suite, même si ce ne sont pas les seules raisons et même si beaucoup de migrants n’ont pas attendu cette crise pour venir. Cela étant dit, cela ne signifie pas que tous les migrants viennent en mode sauvage et agresseur. Bien entendu, je dirais même qu’il y a une majorité silencieuse qui s’intègre économiquement. J’insiste sur l’intégration économique, car il y a l’aspect matériel, l’intégration par l’économie, par le travail, mais il y a aussi l’assimilation culturelle, et là c’est un autre problème. Dans tous les cas, il est clair et évident que lorsque des hommes comme Oskar parlent des problèmes, ou n’importe quelle personne se plaint de l’immigration, ils ne se plaignent pas, en tout cas hiérarchiquement, de ceux qui ne dérangent personne. Raison de plus pour parler de la responsabilité de cette horizontalité incarnée. Car si une majorité a choisi un chemin moins frontal et belliqueux, et qu’un autre a suivi cette voie, cela prouve qu’il y a une faculté à se responsabiliser, même si la généalogie montre comme responsable la verticalité. En définitive, je dirais que la verticalité est responsable, mais que sa traduction horizontale reste composée d’acteurs, et un acteur n’est pas dénué de sens de responsabilité.
Car voyez-vous, la vie n’est pas une simple mécanique, un engrenage déterministe où chacun joue un rôle passif, se contentant de subir les actions des autres. Non, chaque homme, chaque migrant, porte en lui la capacité de choisir, de décider, d’agir. Et ce choix, cette décision, cet acte, ont tous une conséquence, une répercussion, un impact. Alors oui, il y a une verticalité, une force supérieure, une puissance élitiste qui influence, qui contraint, qui dirige. Mais il y a aussi une horizontalité, une humanité qui agit, qui réagit, qui danse, qui mange, qui chie, qui fait du vélo, qui sauve, qui baise, qui s’abstient, qui aime les chats, qui crache sur les morts… qui décide.
1 – Lorsque j’évoque ‘une certaine forme de capitalisme’, je fais référence à un type spécifique de patronat. J’établis l’hypothèse qu’en dépit de l’existence d’une logique structurelle capitaliste, il persiste une diversité structurelle et une hétérogénéité d’acteurs. Parmi ceux-ci, certains ne peuvent être uniquement définis par une vision classiste du capitalisme, tandis que d’autres sont influencés par des éléments qui transcendent en quelque sorte la matière. C’est ainsi que l’on peut observer des milliardaires en désaccord sur plusieurs points, qu’ils soient sociétaux, politiques ou économiques. Par conséquent, chaque fois que j’utiliserai les termes « patronat » ou « capitalisme » sans les qualifier d’une certaine forme dans ce chapitre, je fais confiance à l’intelligence des lecteurs pour comprendre à quoi je fais référence.
2 – » Le Capital, Chapitre XXV, la production croissante d’une surpopulation relative ou d’une armée industrielle de réserve » – Karl Marx
Ézékiel Jaad, le 27 Août 2023.